Une image ternie pour les chirurgiens-dentistes : un état des lieux incontestable !

Une image ternie pour les chirurgiens-dentistes : un état des lieux incontestable !

Les chirurgiens-dentistes figurent parmi les professionnels de santé, bénéficiant d’une mauvaise perception par le public. A cette « peur du dentiste », il faut ajouter la stigmatisation de la profession par les autorités publiques, qui ont ciblé, depuis plusieurs années, les centres dentaires pour illustrer leur ambition en matière de « lutte contre la fraude ». Bien que chacun assure ne pas faire d’amalgame, la profession reste meurtrie, comme le rappelle la publication récente d’un rapport de l’Assurance Maladie.

Les chirurgiens-dentistes, une « mauvaise réputation » aux yeux des patients et de la Sécu ?

Il suffit de parcourir les locutions populaires pour comprendre que la profession de chirurgien-dentiste souffre, depuis longtemps, de superstitions populaires et d’une mauvaise réputation. « Mentir comme un arracheur de dents » est restée comme une expression toujours utilisée, alors même qu’elle renvoie à des temps, où la profession n’existait même pas. Doit-on pour conforter ce ressenti évoquer la stomatophobie ? Certes, la « peur du soignant » en général existe, mais force est de constater qu’elle est plus importante pour la profession que pour bien d’autres.

Pour les autorités publiques en général et l’Assurance Maladie en particulier, les préjugés relèvent d’un autre domaine. En effet, depuis plusieurs années, les centres dentaires ont attiré la méfiance et ont conduit à de nombreuses enquêtes. Certaines de ces enquêtes ont conduit à des condamnations et à la fermeture de plusieurs centres dentaires. Cela a également conduit à l’adoption de nouvelles lois pour mieux réglementer contre la multiplication de ces centres.

Il suffit d’ajouter à ce constat, de tristes faits divers, comme celui du chirurgien-dentiste de Marseille, que les médias ont vite fait de surnommer « le dentiste boucher marseillais » pour comprendre que la profession ne bénéficie pas d’une image conforme à ce qu’elle devrait être.

Les chirurgiens-dentistes et les soignants, des « fraudeurs » en puissance ? 

L’Assurance Maladie a ainsi rendu public, le 20 mars dernier, les résultats de son action en matière de lutte contre la fraude en 2024. L’organisme se félicite déjà des résultats obtenus, puisque le montant des fraudes évitées mais aussi celui des fraudes détectées a considérablement augmenté. L’assurance maladie veut y voir les résultats d’un accroissement des moyens humains mais aussi de la généralisation des algorithmes et de l’intelligence artificielle pour rendre les contrôles plus efficients. Cependant, l’Assurance maladie stigmatise toujours les professionnels de santé en détaillant, dans son communiqué de presse, la répartition de ces fraudes :

  • 52 % des fraudes sont commises par des assurés, pour 18 % des montants ;
  • 27 % des fraudes sont commises par des professionnels de santé, pour 68 % des montants.

Poursuivant son étude détaillée, l’Assurance Maladie souligne les efforts spécifiques conduits pour « contrôler les centres de santé et les centres dentaires ». Des efforts qui ont permis la détection de 39 millions d’euros de fraude mais également au déconventionnement de 30 centres (seuls 21 avaient été déconventionnés en 2023).

Une stigmatisation néfaste à l’image des professionnels de santé ?

Bien que ces descriptions reposent sur des données chiffrées et incontestables, leur diffusion reste stigmatisante pour les professionnels de santé, déjà perçus comme des fraudeurs en puissance par l’opinion publique (après quelques enquêtes conduites par des médias nationaux). Les chirurgiens-dentistes et les centres dentaires semblent encore plus particulièrement concernés par ce phénomène. Une stigmatisation, qui aggrave un peu plus encore cette mauvaise image dont souffrent ces professionnels de la santé bucco-dentaire.

On ne peut reprocher cependant à l’Assurance Maladie de maintenir la confusion ou de jeter l’opprobre sur tous les professionnels, puisque le communiqué de presse souligne : « Toutefois, ces fraudes restent limitées à une minorité d’acteurs, la très grande majorité des professionnels de santé exerçant leur activité dans le respect des règles. » Cet appel à la raison sera-t-il suffisant ? Rien n’est moins sûr.

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