La prévention des chirurgiens-dentistes : une priorité, mais laquelle ?

La prévention des chirurgiens-dentistes : une priorité, mais laquelle ?

En espérant faire émerger une « génération sans caries », les autorités publiques ont fait de la prévention une des priorités pour les chirurgiens-dentistes. Pourtant, le décalage du nouvel EBD dans le cadre du dispositif « M’T Dents » du 1er janvier au 1er avril 2025 a mis en lumière des divergences d’opinion entre les différents acteurs concernés.

La prévention, une priorité pour les chirurgiens-dentistes ?

L’ambitieux programme « M’T dents tous les ans «  aurait du entrer en vigueur au 1er janvier de cette année. Finalement, il ne deviendra réalité que dans quelques jours, c’est-à-dire à partir du 1er avril 2025. Ce n’est pas un poisson d’avril, même si les concertations autour de la prise en charge de ces examens bucco-dentaires pour les jeunes ont révélé de nombreux sujets de crispations entre l’Assurance Maladie d’une part et les syndicats représentatifs de la profession d’autre part.

Pourtant, les chirurgiens-dentistes à l’instar de la population française se souviennent de cette ambition affichée fièrement par les autorités publiques depuis plusieurs mois : « Faire émerger la première génération sans caries ». La profession se félicitait de l’objectif à atteindre et se réjouissait de voir ses missions en termes de prévention s’élargir.

Aujourd’hui, les discours ont changé, comme le souligne un dossier publié sur ce sujet par la fédération des syndicats dentaires libéraux (FSDL) : « Après plusieurs mois de négociations et une douzaine de réunions, pour la plupart inutiles, nous avons enfin abouti à un contrat concernant la prise en charge en 1/3 payant des futurs EBD* par les complémentaires santé via l’inter-AMC** »

A partir d’avril, l’EBD accessible à tous les jeunes patients ?

Toujours est-il qu’à partir de ce 1er avril, les patients concernés par cet examen bucco-dentaire (EBD) n’auront plus à présenter à leur dentiste le bon de prise en charge. La lecture de la carte vitale par le cabinet dentaire sera suffisante et un dispositif garantira un accès sans reste à charge pour le patient pour toutes et tous (l’Assurance Maladie prenant en charge l’intégralité des frais engagés pour les patients ne disposant pas de complémentaire santé).

Revalorisée à hauteur de 40 € (au lieu de 30 € jusque-là), cet examen bucco-dentaire sera généralisé en même temps que le déploiement d’un téléservice dédié. Ce dernier doit permettre aux chirurgiens-dentistes de vérifier l’éligibilité de chacun des patients mais aussi faciliter la saisie des informations requises dans le dossier médical partagé (DMP) du patient. Tout est donc fait pour « fluidifier le suivi des soins et à améliorer la continuité des traitements consécutifs à l’examen préventif. »

Cela concrétise-t-il toutes ces ambitions affichées depuis plusieurs mois, souhaitant faire des chirurgiens-dentistes les champions de la prévention. Les organisations représentatives de la profession laissent entendre le scepticisme et leur doute sur le sujet. Ainsi, la FSDL souligne sa vigilance : « A l’avenir nous veillerons à ce que ce contrat de 1/3 payant spécifique à l’ EBD ne voit pas son champ d’application s’élargir. La FSDL sera extrêmement vigilante contre toute tentative d’atteinte aux conditions de l’exercice libéral. ». De son côté, l’Union Dentaire défend une approche, selon elle, « plus efficiente » avec le retour d’un examen bucco-dentaire tous les trois ans mais l’instauration d’un dépistage en milieu scolaire. De quoi relancer les débats et faire évoluer (encore) les ambitions publiques en matière de santé bucco-dentaire !

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