Depuis de nombreuses années, les chirurgiens-dentistes comme bien d’autres professions de santé alertent les pouvoirs publics sur la montée en puissance de l’insécurité dans les cabinets dentaires comme dans toutes les structures de soins. Cette augmentation est inquiétante, et a entrainé une réaction des pouvoirs publics. On attend désormais la concrétisation des mesures déjà annoncées.
La journée européenne contre la violence faite aux soignants
Parmi les revendications des professionnels de santé, celle liée à leur sécurité et à la montée des actes de violence fait partie des plus récurrentes et des plus partagées. Des chirurgiens-dentistes aux infirmières, des médecins aux masseurs-kinésithérapeutes, tous les professionnels de santé, qu’ils exercent en ville ou à l’hôpital, déplorent l’augmentation significative des incivilités et des actes de violence tant physique que verbale. C’est notamment ce qui a conduit à la mobilisation générale, organisée ce 12 mars 2025 à l’occasion de la journée européenne contre les violences faites aux soignants.
Ces dernières années, et plus encore depuis la crise sanitaire du Covid-19, ces violences contre les soignants se sont multipliées, que l’on évoque les insultes, les menaces, les agressions physique ou encore les actes de vandalisme contre les biens. Pour l’Observatoire de l’Ordre des médecins, ce ne sont pas moins de 1581 signalements qui ont été enregistrés pour la seule année 2023, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente. Toutes les professions de santé sont concernées à un degré plus ou moins important, et tous appellent à une réaction rapide avant que la situation ne devienne hors de contrôle. Le collectif, regroupant toutes les professions de santé, et à l’origine de cette mobilisation générale, appelle notamment à un durcissement des sanctions contre les auteurs de ces actes délictueux.
Les chirurgiens-dentistes en première ligne face à la montée des incivilités et des violences en tout genre
Les chirurgiens-dentistes sont particulièrement sensiblisés à cette problématique, puisqu’ils sont la cible privilégiée de certains patients. Déjà en 2023, l’Ordre national des Chirurgiens-dentistes (ONCD) s’alarmaient d’un doublement de ces actes par rapport à l’année 2021. Mais pour les cabinets dentaires comme pour les médecins, cette estimation de la violence reste très sous-évaluée. Ainsi, l’ONCD s’inquiétait du « biais majeur », constitué par « l’absence de déclaration systématique des cas d’agression ou de violence, quel que soit leur degré de gravité, classé de 1 à 4 ».
Lutter contre cette nouvelle forme de violence commence par identifier les raisons qui expliqueraient cette augmentation continue. L’ONCD a ainsi identifié plusieurs motifs, qui reviennent régulièrement dans les déclarations d’incidents :
- L’impossibilité pour un patient de trouver un chirurgien-dentiste en urgence,
- Un délai d’attente trop long pour obtenir un rendez-vous,
- La lenteur des prises en charges considérée comme excessive par les patients,
- …
On comprend, que ces raisons ne résultent pas du chirurgien-dentiste en lui-même mais bien d’un système de santé, devenu difficile à gérer et surtout à comprendre par les patients. Toujours est-il, que chirurgien-dentiste et médecin ont perdu leur statut d’antan, qui inspirait davantage de respect que de méfiance ou de défiance. Si les attentes sont fortes pour les chirurgiens-dentistes comme pour l’ensemble des autres professions de santé, les ambitions du gouvernement en la matière ont été réaffirmées avec force à cette occasion. Posant le principe d’une tolérance zéro vis-à-vis des auteurs de ces méfaits, le ministère de la santé a ainsi souligné, que la proposition de loi « visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé » serait à nouveau discutée au Parlement dès le mois de mai prochain.
Partager un commentaire