Assurances / Mutuelles Santé et dentistes, quelles relations ?

Assurances / Mutuelles Santé et dentistes, quelles relations ?

Les chirurgiens-dentistes ont une double relation avec les assureurs et les mutuelles santé. D’un côté, ces derniers apparaissent comme les principaux financeurs des soins dentaires en France à travers les mutuelles santé des patientes et des patients. D’autre part, ces assurances prennent également en charge les sinistres, auxquels peuvent être confrontés ces spécialistes de la santé bucco-dentaire. Et ce début d’automne 2021 est l’occasion de faire le point sur ces deux aspects d’une relation complexe.

Les mutuelles de santé, les principaux financeurs de la santé bucco-dentaire

Au quotidien, les chirurgiens-dentistes accompagnent leurs patientes et patients dans les soins à prodiguer mais aussi dans le choix des solutions possibles en fonction de la situation de chacun. Et en la matière, la patientèle considère l’aspect financier comme un des critères essentiels pour la prise de décision. Parce que le gouvernement veut faire disparaitre à terme le « refus de soins pour des raisons économiques », une des mesures phares du quinquennat a consisté à adopter le panier 100 % santé, qui concerne outre les soins dentaires, l’optique et les audioprothèses.

Si un bilan intermédiaire (un rapport détaillé et complet doit être rendu public en 2022) souligne que les chirurgiens-dentistes ont participé à la réussite de cette mesure, les complémentaires santé, elles, soulignent le déséquilibre, que cette réforme a introduit. En effet, ces mutuelles complémentaires restent le premier financeur des soins dentaires en France (43.3 % des dépenses engagées), devant la Sécurité Sociale (33.8 %) et les patients eux-mêmes (18.3 %).  

Ces complémentaires santé soulignent que la réduction du reste à charge des patients n’est pas, à ce jour, compensée par les économies réalisées, d’autant plus que la pratique des chirurgiens-dentistes a évolué depuis le début de la crise sanitaire. La proportion des soins d’implantologie a ainsi fortement augmenté par rapport aux soins bucco-dentaires conventionnels depuis la fin du premier confinement.

Ce constat n’est pas anecdotique, puisque le gouvernement a rappelé, comme il l’avait déjà fait en janvier 2020, qu’il refusait de voir certaines complémentaires santé augmenter leurs tarifs en invoquant ce panier 100 % Santé. Une concertation entre les chirurgiens-dentistes, les complémentaires santé et l’Assurance Maladie devrait être organisée avant la fin de l’année.

La sinistralité dans le domaine bucco-dentaire en baisse en 2020

D’un autre côté, la MACSF a publié, comme chaque année, ses différents rapports sur le risque des professions de santé pour l’année 2020. L’étude consacrée à l’activité des chirurgiens-dentistes souligne une baisse conséquente de la sinistralité, qui baisse de 11 % par rapport à l’année 2019. Toutefois, avec 1682 déclarations de sinistre, l’année 2020 reste une année à part, puisque la crise sanitaire a impliqué la fermeture des cabinets dentaires pendant près de deux mois. Il faudra donc attendre les résultats des années à venir pour voir si cette tendance n’est que conjoncturelle ou est appelée à s’inscrire dans la durée. 379 de ces déclarations sont classées sans suite, ce qui constitue un rapport similaire à celui constaté en 2019.

Dans le détail, la répartition de cette sinistralité reste identique à celle des années précédentes :

  • 1027 déclarations (78.82 % du total hors sans suite) concernent les actes bucco-dentaires hors implantologie
  • 242 déclarations (18.57 %) pour les « actes d’implantologie, soulevé, comblement de sinus »
  • 19 déclarations (1.46 %) pour les sinistres matériels
  • 11 déclarations (0.84 %) pour des déclarations diverses

Lors de la présentation de ce rapport sur la sinistralité des chirurgiens-dentistes pour l’année 2020, il a été rappelé l’importance pour les professionnels de tenir à jour les dossiers de soins des patients. Les rendez-vous intermédiaires et tous les échanges entre l’équipe du cabinet dentaire et les patients doivent être consignés et enregistrés, afin d’optimiser le traitement des éventuelles réclamations ultérieures.

Et vous, mutuelles santé et sinistralité, quels sont vos avis sur le sujet ? Êtes-vous concernés par ces déclarations de sinistre ? Pensez-vous d’autre part, que les mutuelles santé vont continuer à promouvoir le 100 % santé ?

Partager un commentaire

1 Commentaire

  1. Avec santéclair quel que soit nos tarifs prothétiques il jugeaient nos tarifs prohibitifs.En 2021 je faisais photographier mes tarifs de 1990 , à charge pour mes patients de montrer que ceux ci n’avaient pas changé en 30 ans alors que tout le reste avait doublé ou triplé. Les réactions étaient de la stupéfaction pour le personnel des mutuelles.

Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.