Les rendez-vous non honorés, un casse-tête pour les chirurgiens-dentistes

Les rendez-vous non honorés, un casse-tête pour les chirurgiens-dentistes

Comme tous les autres professionnels de santé, les chirurgiens-dentistes sont fréquemment impactés par les « lapins » posés par certains de leurs patients. Comment les anticiper et les gérer ? la question est essentielle mais soulève également d’autres problèmes.

Les « lapins », un casse-tête pour organiser l’emploi du temps des chirurgiens-dentistes

S’agissant d’organisation du système de santé en France, de nombreux débats se cristallisent autour de la délicate problématique des déserts médicaux. De nombreux médias consacrent des dossiers complets aux difficultés, sur certains territoires, de réussir à obtenir un rendez-vous auprès d’un chirurgien-dentiste ou d’un médecin généraliste dans des délais raisonnables. Si cela représente un stress pour les patients, cela traduit également, pour la grande majorité des cabinets dentaires, une organisation rigoureuse avec des emplois du temps chargés voire surchargés. Dans certains territoires, les cabinets dentaires sont même en incapacité de pouvoir accepter de nouveaux patients.

Or une telle organisation peut vite être désorganisée, mettant l’activité du cabinet dentaire en difficulté. Et une des raisons de cette désorganisation ne repose pas sur les professionnels de santé ou leurs collaborateurs mais sur les patients eux-mêmes. Les rendez-vous non honorés, ces « lapins » que posent les patients à tous les professionnels de santé, sont devenus un véritable fléau pour optimiser l’activité des soignants. Tous les chirurgiens-dentistes, à l’instar des autres professionnels de santé, le savent et le constatent tous les jours. Et les résultats du baromètre Carnet de Santé, réalisé par Odoxa, le confirment.

Des patients conscients de désorganiser le cabinet dentaire

On apprend ainsi qu’un français sur 6 a déjà posé « un lapin à un professionnel de santé », et que cette tendance est encore plus fréquente chez les jeunes générations (1 jeune sur 3). De telles statistiques révèlent bien l’ampleur du phénomène de ces non-présentations, alors même que d’autres patients attendent désespérément qu’un créneau soit disponible. On peut alors s’interroger sur les raisons d’un tel comportement. La peur du dentiste expliquerait-elle une partie de ces rendez-vous manqués, ou faut-il rechercher du côté des imprévus et des impondérables ? L’explication est bien plus simple, puisque près d’un Français sur deux (48 %) justifie ce « lapin » par un …simple oubli.

Pourtant, les patients ont pleinement conscience – et plus encore depuis la crise sanitaire, qui a permis de souligner les difficultés rencontrées par tous les professionnels de santé – des conséquences délétères qu’un tel comportement peut avoir sur l’emploi du temps des chirurgiens-dentistes notamment. Ainsi plus de 8 Français sur 10 (84 %) comprennent la gravité d’un tel acte, car « cela désorganise (…) et prive quelqu’un d’autre d’un rendez-vous ». Ce jugement est largement partagé par les soignants eux-mêmes (70 %).

Quelles solutions pour gérer ces rendez-vous non honorés ?

Bien qu’il existe un consensus sur cette problématique, la tendance ne s’infléchit pas ces derniers temps. Les chirurgiens-dentistes et les autres professionnels de santé doivent donc trouver des solutions. Bien qu’il ne soit pas possible de dresser une liste exhaustive des solutions envisageables, on soulignera néanmoins que le baromètre d’Odoxa pointe une solution reconnue pour son efficacité tant par les patients (72 %) que par les professionnels de santé (60 %) : les plateformes de prises de rendez-vous en ligne.

Ces dernières constitueraient ainsi une « incitation pour les patients à mieux honorer leur rendez-vous », notamment grâce à des rappels fréquents, à des mises en garde renouvelées, … En revanche, cela interroge aussi les chirurgiens-dentistes et plus généralement les soignants, puisque cela constitue un argument supplémentaire pour recourir à ces plateformes. Pourtant ces dernières sont de plus en plus critiquées pour la forme de « dépendance », qu’elles peuvent engendrer. Comme quoi, la gestion des rendez-vous non honorés par les patients n’est pas aussi simple, que cela pourrait apparaitre au premier abord.

Et vous, avez-vous déjà estimé l’importance de ces « lapins » dans votre activité ? Quelles solutions avez-vous mises en place pour lutter contre ce phénomène ? Avec quelle efficacité ?   

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1 Commentaire

  1. Fixer l’heure du rendez-vous un quart d’heure avant l’horaire de planification de la séance. Le patient risque d’attendre un quart d’heure mais il n’en voudra certainement pas surtout s’il est éduqué à ce décalage organisationnel.

    L’intérêt de la chose que c’est que si un patient fait faux-bond, le patient suivant est déjà là un quart d’heure avant. Sur une séance de 30 minutes telle qu’elle est généralement planifiée (sauf actes spécifiques nécessitant un temps long sur lequel le patient devra aussi être sensibilisé pour ne surtout pas rater le rendez-vous), il n’y aura idéalement qu’un quart d’heure de perdu. Ce qui permettra d’ailleurs soit de prendre un peu d’avance, soit de résorber un retard toujours possible.

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