Les dentistes doivent-ils être de meilleurs communicants ?

Les dentistes doivent-ils être de meilleurs communicants ?
Dans la relation patient – soignant, la communication revêt une importance prépondérante, qui ne cesse de se renforcer. Les soignants en général, et les chirurgiens-dentistes en particulier, sont-ils suffisamment formés pour répondre à cette « exigence de communication » ?

La communication patient – dentiste, un aspect essentiel de la mission au quotidien

Bien que le chirurgien-dentiste, à l’instar de tous les autres professionnels de santé, doive répondre au quotidien aux demandes de soins liées à l’état des patients, il doit aussi intégrer la relation humaine dans son approche. Une évidence, qu’il est bon de rappeler, d’autant plus que cette communication entre le dentiste et ses patients répond aux aspirations de la population. En 2014, la fondation MACSF réalisait une vaste étude sur le sujet, dont les résultats confirment cette attente d’une part et les enjeux qui en découlent d’autre part.

97 % des professionnels de santé estimaient ainsi que la communication avec le patient représentaient la « dimension la plus importante dans l’exercice de leur métier devant la liberté d’organisation et la diversité des tâches. ». De leur côté, les patients, à la quasi-unanimité (98%), estimaient que cette communication était le principal facteur leur permettant de se faire une opinion de leur(s) soignant(s). En tant que dentiste, quelles sont les conséquences d’une telle prise de conscience ? Depuis plusieurs décennies, ces problèmes de communication (on ne communique pas sur l’état de santé bucco-dentaire d’un patient comme on évoque la météo ou l’actualité) sont pris en compte dans les études d’odontologie. La dernière réforme a ainsi introduit la notion de « communication et développement des approches de prise en charge, centrées sur le patient ».

La communication avec le patient, une écoute active et un positionnement d’expert

Et cette importance de la communication pour le chirurgien-dentiste est d’autant plus importante depuis l’accélération des innovations dans les technologies de l’information. La multiplication de sites ou de forums « Santé » ou « Santé bucco-dentaire » a conduit une partie de la population à avoir le « réflexe Web » plutôt que de s’informer directement auprès de son dentiste ou de son médecin.  Pour ne pas laisser la situation leur échapper totalement – une hypothèse qui serait néfaste pour la santé des patients eux-mêmes, puisqu’ils se dispenseraient des avis et conseils des professionnels de santé -, la communication doit donc permettre de :

  • Répondre aux attentes personnelles des patients, et l’écoute active reste la solution à privilégier. Renoncer à un soin dentaire doit amener le dentiste à entendre les raisons invoquées, qui ne sont pas toujours qu’économiques. La crainte de la douleur, le souvenir de faits divers relatant les risques de certaines interventions, … Pour pouvoir garantir une décision éclairée à soin patient, le chirurgien-dentiste doit avant tout identifier les problématiques à traiter. 
  • Retrouver sa place d’expert de la santé bucco-dentaire. Cette écoute ne doit pas empêcher le dentiste d’expliquer clairement les différentes options s’offrant à son patient. Si le professionnel de santé ne doit pas imposer, il doit néanmoins représenter le socle, sur lequel le patient pourra se décider en toute connaissance de cause. Et en la matière, les patients sont disposés à entendre les experts, puisque le sondage de la fondation MACSF mettait en évidence que près de deux patients sur 3 (61 %) souhaitaient obtenir plus d’informations sur les pathologies et les traitements possibles. Et si le chirurgien-dentiste ne leur apporte pas satisfaction en la matière, alors le « réflexe web » continuera de se généraliser. 

Enfin, cette communication soignant – patient reste également la piste privilégiée pour prévenir l’agressivité et la violence de certains patients ; une violence souvent explicable par une peur liée à la méconnaissance. De nombreuses études sont en cours sur les manières d’améliorer cette communication que ce soit pour les dentistes mais aussi pour tous les autres soignants. Car cette dimension participe pleinement à la transformation de notre système de santé, qui ambitionne de replacer le patient au cœur de toute stratégie.

Et vous, estimez-vous être suffisamment formé pour une communication efficace avec vos patients ? Quelles seraient, selon vous, les pistes à suivre pour améliorer cet aspect de la relation soignant – patient ?

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